Notre constat et nos mesures pour la sûreté.
À Aulnay-sous-Bois comme partout en France, la sûreté est aujourd’hui marquée par une contradiction profonde : alors que la répression policière s’est généralisée, les habitants continuent de subir au quotidien des violences, des trafics et une insécurité sociale croissante, démontrant l’inefficacité du durcissement autoritaire.
Les gouvernements successifs ont organisé le démantèlement du service public de la police nationale, réduisant ses moyens et l’éloignant de sa mission de proximité. Pendant ce temps, les municipalités comme celle d’Aulnay ont investi massivement dans la vidéosurveillance et dans une police municipale armée, sans que cela ne réponde
réellement aux besoins des habitants.
Les chiffres sont parlants : les violences sexuelles (+60%), les coups et blessures intrafamiliaux (+15%), les vols avec armes (+27%) ou encore le trafic de stupéfiants (+12%) sont en forte hausse sur Aulnay en un an, entre 2024 et 2025. Cette situation nourrit une défiance généralisée. Le commissariat de la police nationale d’Aulnay souffre d’un manque d’effectifs et de moyens. Les unités spécialisées, notamment la CSI‑93 basée à Aulnay, sont régulièrement critiquées pour des dérives violentes. À l’inverse, les dispositifs de prévention municipaux (médiateurs, éducateurs, conseils de prévention, permanences d’aide aux victimes) existent mais restent marginalisés face au rouleau compresseur de la politique du chiffre. Le budget de la ville témoigne de ce déséquilibre : près de 9 millions d’euros en 2022 consacrés à la police municipale et à la vidéosurveillance, soit un des premiers postes de dépense, quand la prévention et le soutien social manquent cruellement.
Dans les quartiers, les habitants sont pris en étau : d’un côté les violences liées aux trafics de drogue qui s’enracinent, avec leurs guerres de territoires qui s’étendent de Sevran à Aulnay. De l’autre des pratiques policières brutales qui touchent d’abord les jeunes des cités. Les séquelles psychologiques sont bien réelles chez nos habitants, et aucune prise en charge adaptée n’est organisée. La sûreté ne peut plus être pensée comme une affaire de
caméras et de matraques : elle doit redevenir une politique publique de justice sociale, de prévention, de protection et d’égalité républicaine.
C’est ce cap que nous proposons à Aulnay : une police municipale recentrée sur la proximité et la médiation, des moyens accrus pour la police nationale et la justice, des dispositifs de prévention renforcés, une lutte déterminée contre les violences sexistes et intrafamiliales, la fin des pratiques policières les plus brutales, et surtout une politique sociale pour accompagner les habitants concernés dans la sortie du narcotrafics. La sûreté n’est pas une affaire de surenchère sécuritaire, mais de protection réelle des habitants et de construction d’un cadre de vie digne et apaisé.
